Au-delà de la souffrance physique, il faut arriver à rester lucide et gérer tant bien que mal l'aspect psychologique de la situation. La douleur, c'est un état de frustration permanent. Un jour on est désespéré parce qu'on se dit que cela ne passera jamais, le lendemain, on regagne un peu d'espoir parce qu'on se sent un peu soulagé. Mais le répit est souvent de courte durée et on replonge vite dans le désespoir. Vous ne vous habituez jamais à votre douleur, mais votre entourage, lui, finit par s'y faire. Peu à peu, vos amis et vos proches vous voient comme quelqu'un de perpétuellement malade, mal dans sa peau,dépressif, jamais souriant et malgré toute leur gentillesse et leur bonne volonté, il leur est impossible de vous comprendre. Au début, on cherche à être compris par les médecins, les kinés et ceux qui sont censés vous aider à vous rétablir mais tôt ou tard, on se rend compte qu'ils ne sont pas là pour vous écouter exprimer votre malheur mais simplement pour faire leur métier.
Vous êtes seul. Vous souffrez physiquement, vous souffrez psychologiquement et comme si ça ne suffisait pas, vous culpabilisez d'imposer votre état à votre entourage. La dépression vous guette. Un médecin vous prescrira des anti-anxiolytiques ou des anti-dépresseurs et il aura fait sont boulot. Vous, vous devrez gérer cela aussi...
Rester lucide est le premier pas vers la guérison. Cela vous permet d'être à l'écoute de votre corps, de vouloir comprendre ce qui vous arrive, de vous informer, de comprendre qu'à défaut de la vaincre, il y a moyen de gérer la douleur et d'apprendre à vivre avec, jusqu'à ce qu'un jour elle vous laisse tranquille. Il faut être patient et rester optimiste. Eviter de se renfermer sur soi-même et avoir la chance d'avoir une famille qui vous soutient. Ne jamais rater une occasion de rire, de s'attendrir, ou d'aimer.
Et toujours garder espoir...
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